Lorand Gaspar

Né le 28 février 1925 en Transylvanie, Lorand Gaspar entre à l’École polytechnique de Budapest en 1943. Déporté pendant la guerre, il fait ses études de médecine à Paris.
Chirurgien de l’hôpital français de Jérusalem durant seize années, il pratique ensuite à l’hôpital Charles Nicolle de Tunis. Son oeuvre est consacrée à l’absolu négatif du désert et à l’éternité minérale des îles de l’Egée.
Lorand Gaspar est également l’auteur de journaux de voyages et de traductions.

Il a obtenu le Prix Goncourt de la Poésie en 1998.

Il meurt à Paris le 9 octobre 2019.

Extrait

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.

Bibliographie

Poésie

  • Derrière le dos de Dieu, Éditions Gallimard, 2010.
  • Patmos et autres poèmes , Éditions Gallimard, 2001, réédité en 2004.
  • Égée/Judée, suivi d’extraits de Feuilles d’observation et de Maison près de la mer, Éditions Gallimard, 1980, réédité en 1993.
  • Sol absolu et autres textes, Éditions Gallimard, 1982, réédité en 1998.
  • Le Quatrième État de la matière, Éditions Flammarion, 1966. (Prix Apollinaire 1967)

Prose

  • Approche de la parole suivi d’Apprentissage, frontispice par Henri Michaux, Éditions Gallimard, 2004.
  • Arabie Heureuse, Éditions Deyrolle/Verdier, 1997.
  • Carnets de Jérusalem, Éditions Le Temps Qu’il Fait, Cognac, 1997.
  • Apprentissage , Éditions Deyrolle/Verdier, 1994.
  • Carnets de Patmos, Éditions Le Temps Qu’il Fait, Cognac, 1991.
  • Feuilles d’observation, Éditions Gallimard, Paris,1986.

Autres

  • Mouvementé de mots et de couleurs, photographies sur des textes de James Sacré, Éditions Le Temps qu’il fait, 2003.
  • Correspondance (1966-1978), avec George Perros, Éditions La part commune, 2001.

Traductions
R.M.Rilke (allemand), Georges Seferis (grec), et avec la collaboration de Sarah Clair, D.H. Lawrence (anglais) Sàndor Weöres (hongrois) Jànos Pilinszky (hongrois)
Georges Somlyo (hongrois) Béla Marko (hongrois) Otto Tolnai (hongrois) Peter Riley (anglais) Joachim Sartorius (allemand) Paolo Cristofolini (italien)

Apologie

Lorand Gaspar, le poète de Sol absolu, d’Égée, de Judée et de Patmos, vient de mourir à Paris.
Né en 1925 en Transylvanie (« dans le dos de Dieu » disait-il), admis à l’École polytechnique de Budapest en 1943, il connait deux années d’errance et de déportation dans l’Europe dévastée avant de rejoindre paris où il achève ses études de médecine. Chirurgien de grande réputation, il exerce successivement à Jérusalem puis à Tunis.

Tandis qu’il se voue quotidiennement à la sauvegarde de la vie, son œuvre de poète, mais également de photographe, capte, éprouve et célèbre l’âpre hospitalité des solitudes arides et dépeuplées…

« Tout autour veillait le désert.
C’était lui, par ses grès, ses marnes, ses calcaires, qui donnait et donne encore, comme à Jérusalem, son toucher charnel à la lumière.
 »

En effet, Lorand Gaspar est bien celui qui, dans la poésie, a donné corps à la lumière.