Madrigal - Sonnet

Christian Prigent

Ainsi pour ton anni ma belle
versaire sévèrement je ne
t’achèterai ni le ci ni le
ça ni la quincaillerie telle

que collier moderne zingué
synchro bichromaté ni une
queue de cochon à visser
ni l’anneau qu’aucune

ne sait de levage femelle
ni moi car pour ton uni
vers ma toute chère il n’y

a cataloguées que bagatelles
de choses mortes et non
la vie profonde la vie sans nom

Poème
de l’instant

Le Chant du métèque

Vous ne saurez jamais ma soif mon angoisse
des visages douloureux, des nébuleuses obscures,
des sourires lumineux, des carrefours tordus,
du temps qui naît, du temps qui meurt,
des fenêtres closes, des tombes étales
sous le baiser humide du ciel.

Jean Malaquais, « Le Chant du métèque », Revue Caravanes 7, Éditions Phébus, 2001.