Mains tenues

Auteur : Alexis Pelletier

Mains tenues

Mains tenues rassemble des poèmes dédicacés et adressés ; le recueil se nourrit de cette adresse qui interpelle le réel, le langage et nous-mêmes.
L’écriture d’Alexis Pelletier y fait entendre une voix originale, qui joue avec les frontières poreuses entre les arts et entre les parts de nous-mêmes quand pensée et sentir sont indissociables : Je vis avec les mots/Ou plus exactement chacun d’eux /souvent me paraît une part de/ mon corps

C’est à travers la chair de la sensation, dans l’émotion artistique elle-même enracinée dans le quotidien, que le poème s’interroge et interroge. « C’est quoi le réel demande l’enfant ». A l’impossible réponse s’atèle le poème doutant sans cesse du pouvoir des mots, mais puisant sa musique dans cette incertitude.

« Derrière ce mur des mots contre lequel il projette les mots pour qu’enfin ils saignent, pour qu’enfin ils soient vivants. » comme l’écrit Vincent Rouillon de l’écriture d’Alexis Pelletier, c’est au final à une intense et aimante présence au monde qu’invite l’inquiet du poème.

Et pourquoi chercher encore

ce que nous écoutons du monde

quand il s’agit de nous laisser aller

au temps dans l’intervalle tracé

par le scintillement de ce qui nous est donné

dans la musique ou les oiseaux comme exemple

et plus simplement parfois dans le réel

un tel mot est-il possible

Paru le 1er juin 2013

Éditeur : L’Amandier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.