Maison posée sur le paysage à la saigné de l’air

Vénus Khoury-Ghata

Maison posée sur le paysage à la saignée de l’air

Maison malgré ses fumées qui marchent à reculons dans le ciel absent

Quatre fenêtres pour allumer la nuit éteindre le jour et un sentier à deux traits de crayon

Un vent à trois cordes fait frémir les barreaux des fenêtres

pilleur de ruches

mangeur de miel sous les yeux de l’apiculteur vu de dos et qui ne peut que se désoler

la maison dit-il est accroupie sur un livre et la page n’est pas tournée

Poème
de l’instant

L’ivre de mots

Se risquer à vivre.
c’est bien le minimum.

Stéphane De Groodt, L’ivre de mots, Éditions de l’Observatoire, 2019