Maison posée sur le paysage à la saigné de l’air

Vénus Khoury-Ghata

Maison posée sur le paysage à la saignée de l’air

Maison malgré ses fumées qui marchent à reculons dans le ciel absent

Quatre fenêtres pour allumer la nuit éteindre le jour et un sentier à deux traits de crayon

Un vent à trois cordes fait frémir les barreaux des fenêtres

pilleur de ruches

mangeur de miel sous les yeux de l’apiculteur vu de dos et qui ne peut que se désoler

la maison dit-il est accroupie sur un livre et la page n’est pas tournée

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.