Mange ta poire

Christian Prigent

Laisse, poire, moi
toucher à ta chair
et maintenant, oh,
maintenant
je la sens : mange le présent !

- ainsi l’essence parmi
les choses intranquilles de
la politique est

la fin de la politique est
une sorte d’âme de
la politique : l’action
de s’opposer spécifiquement

et basta suffit les poires fraîches sont
une forme leur fraîcheur l’informe de
l’intranquillité (ensemble-seuls nous
allons ô mes amis dans la fraîcheur sans forme
de l’intranquillité

spécifiques et opposés : doucement poli
tiquement posés dans l’âme d’effacement des choses)

- et zéro os no
S ni  d’es
poir !

Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004.

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.