Meadowlands

traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie Olivier

Meadowlands

Louise Glück, se tenant à l’écart du courant américain de la poésie confessionnelle, compose des recueils polyphoniques où le je n’est jamais réductible à une seule identité, mais où chacune des voix participe à un vaste ensemble poétique. Dans Meadowlands s’entrecroisent ainsi celles des protagonistes de L’Odyssée, dans une réécriture du mythe qui laisse la part belle aux personnages secondaires — Télémaque, Circé, Pénélope —, et celles d’un homme et d’une femme d’aujourd’hui, au bord de la rupture. De cette confrontation entre l’atemporel et le contemporain, Glück tire un champ magnétique d’une rare puissance, une poésie au pouvoir de suggestion nouveau.
Mais c’est bien par le prisme du langage que la dissolution d’un mariage est scrutée ici, dans une poésie habitée par le souci de précision et de clarté, révélant les silences, l’incommunicabilité au sein même du dialogue. D’une lucidité bouleversante sans jamais toucher au pathos, Meadowlands est comique et déchirant à la fois dans sa distance avec le quotidien et dans sa densité métaphorique, ancrée sur les rives de la Méditerranée.
Meadowlands, publié aux États-Unis en 1996, est le recueil qui suivit la publication de L’iris sauvage.

Paru le 20 février 2022

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Chanson de l’enfance

Lorsque l’enfant était enfant,
il marchait les bras ballants,
il voulait que le ruisseau soit une rivière.
Et la rivière, un fleuve.
Que cette flaque soit la mer.

Lorsque l’enfant était enfant,
Il ne savait pas qu’il était enfant.
Tout pour lui avait une âme
et toutes les âmes n’en faisaient qu’ une.

Peter Handke, « Chanson de l’enfance ».