Mer libre et autres lieux imaginaires

Mer libre et autres lieux imaginaires

« Un poète sans poésie se réveille et part à la rencontre de figures humaines qui habitent son île ou sa tête, ou un autre monde qui traverse celui-ci, celui d’élusifs et rapides cafards qui l’accueillent dans leur troupe.

Commentant la route il revient sur son poème qui est ce voyage, et qui le mène.
C’est dans ce cadre d’une réalité qui nous fuit dans les éléments et les mots, et dans un lieu concret que nous touchons qu’apparaissent Pays et Ville, et en leur sein quelque chose d’encore plus impalpable et nécessaire ; une identité, d’un poète qui porte une parole qui voudrait/ pourrait dire comme Whitman “j’ai contenance des foules en moi”. »

Mehdi Étienne Chalmers

Ce long poème, est à la fois une rêverie surréaliste et une déambulation crue, cruelle et réaliste, qui du rêve passe à la folie et au délire. Poème traversé des multiples voix d’un peuple et d’un pays, Haïti. Il s’inscrit dans la longue tradition lyrique qui hante la poésie haïtienne.

Mehdi Étienne Chalmers est né à Port-au-Prince, en 1988. Pendant ses études en France, il travaille comme libraire. Il exerce toujours ce métier à Port-au-Prince et enseigne également la philosophie. Il est co-fondateur de la revue Trois/Cent/Soixante et participe à la revue Demanbre. Il est membre de l’Atelier Jeudi Soir, groupe littéraire et atelier d’écriture créé et animé par Lyonel Trouillot. Il a publié deux recueils de poèmes en Haïti, Jaillir est la solution (2014) et À partir du mensonge (2016).

Paru en mai 2019.

Paru le 16 mai 2019

Éditeur : Le Temps des cerises

Poème
de l’instant

Guennadi Aïgui

« Un peu »

bonheur ? – « Un peu »
béatitude – « Un peu » :

ô murmure : comme vent – du soleil :

de pain – un peu… et de lumière du jour… –

et du petit bruit des hommes
comme d’une nourriture – pour la Mort prête… –

que nous la rencontrions paisiblement
comme si nous étions tous toujours sur tout seuil –

en fraternelle souffrance… –

ô notre liberté !… – lueur d’âme :

simple :

« Un peu »
1975

Aïgui, « Un peu », Festivités d’hiver, traduit du russe par Léon Robel, Les Éditeurs français réunis, 1978.