Météorites

Aurélien Barrau

Dans chaque interstice de ses maux, dans chaque faille de ses souffles, dans la moindre déchirure de ses étoffes, dans l’extrême enfoui des apeurés de son infime : la candeur presque aride d’un décillé perdu…

Aurélien Barrau, Météorites, « Bris », Éditions Michel Lafon, 2020.

Poème
de l’instant

Une tristesse bleue et grise

Évidemment l’orgueil et la trouble passion
Les papiers arrachés, bien sûr, les volets clos
Les livres sans mémoire et presque à l’abandon
L’étui de ton violon fermé comme un sanglot
Mais penser à tes gestes carrés vers les miens
La presque cruauté, la langueur infinie
Le rire en plein désir et les larmes à la fin
M’ont fait aimer la mort et préférer la vie

Sarclo, Une tristesse bleue et grise, « Éloge d’une tristesse », Côtes du Rhône Productions, 1992.