Meung-sur-Loire

Carl Norac

Meung-sur-Loire

à Meung s’en vont les poètes
et dans les Mauves renaissent
les mots qui se sont perdus
le fil de l’eau écrit seul
sa chanson sans habitude
au gré des ponts parle aux ombres
des promeneurs du dimanche
de ceux qui ont sous la manche
de quoi romancer les fleurs
si près la Loire s’ébroue
même quand le soleil flambe
la pierre blanche des rues
ici où sont les poètes
les mots ne se perdront plus

Carl Norac

Poème
de l’instant

Cécile Coulon

Courir

La course, la vraie, est une fureur carnivore. Un astre brûlant caché dans les jointures du corps ; elles grincent, la nuit, comme un miracle froissé. Une force qui rugit, à laquelle nous sommes forcés de croire puisque qu’il n’y a qu’elle qui puisse suspendre aux crochets des montagnes des femmes et des hommes emplis de cette beauté brutale qui ne supporte ni la lenteur, ni les cris, ni ces bouquets d’amnésie qu’on s’offre pour éviter d’avoir mal. »

Cécile Coulon extrait de « Courir », Les ronces, Éditions Le Castor Astral, 2018