Michel Camus

Michel Camus naît le 20 octobre 1929 à Namur en Belgique.

La famille Camus est originaire d’Andenne, ville située entre Namur et Liège, en Belgique. Son père, Lucien Camus, héritier du commerce de vêtements "Au Printemps" de son père Armand, et sa mère, Gabriel Marcq, auront quatre enfants : Michel, l’aîné, Jean-Louis, Odile et Lucienne.

Michel passe son adolescence à Liège où il obtient un Graduat en Sciences commerciales et financières.

En 1952, il part avec un visa d’immigrant séjourner un an au Canada. Il a alors 23 ans. C’est au cours de ce séjour qu’il fait la rencontre de certains intellectuels de Montréal tels que Jean Depoca et Roger Nadeau, entre autres, et qu’il découvre le groupe des automatistes surrationnels appelés aussi artistes de la Petite Europe. C’est toujours au Canada qu’il entretient une liaison avec Suzanne Bardeau, puis Marcelle Ferron, artiste signataire du manifeste Refus Global du peintre Paul-Emile Borduas. Dans le même temps, il découvre les œuvres de Raymond Abellio et de René Daumal qui le marqueront toute sa vie durant.

Lorsqu’il revient en France en 1953, accompagnée de Marcelle Ferron, il décide de s’inscrire à l’École de Journalisme puis part voyager une Grèce et en Turquie. Deux années plus tard, il retourne à Namur où il devient directeur des Établissements Marcq-Gérard à Namur. Malgré la distance, Michel part très souvent à Paris, il y rencontre notamment celui qui deviendra son grand ami Paul-Émile Borduas, mais également Lou Genonceaux qu’il épouse trois mois seulement après leur rencontre.

Dès 1957, Michel s’installe avec Lou à Paris, quelques mois plus tard, en septembre 1958, leur fils Philippe naît. À cette période, il écrit également une pièce de théâtre intitulée Le pensionnaire enchaîné.

À partir de novembre 1959, il publie quelques premiers textes critiques dans la revue canadienne Situations sous le pseudonyme de Michel Fougères. En 1960, il crée, aux côtés de Raymond Girard, Julien Alvard, Stéphane Lupasco, Guy Dupré, Louis-René des Forêts et Albert-Marie Schmidt, la revue Lettre Ouverte qui lui permet de publier, toujours sous le nom de Michel Fougères, plusieurs textes poétiques. L’aventure prend toutefois fin dès 1962, lorsqu’un différend avec le mécène de la revue voit le jour.

Entre 1962 et 1964, il découvre l’astrologie qui rapidement le passionne. Il l’étudiera toute sa vie durant.

Désireux d’ailleurs, il voyage, de 1965 à 1968, à Venise, Londres et Tanger. Il fait notamment la rencontre du peintre Nasser Assar.

Le 17 juin 1969, Lou se suicide. Cette même année, Michel rencontre Claire Bitarelle qu’il épousera deux années plus tard, et effectue des voyages en Grèce et en Turquie.

En 1971, il fait l’acquisition d’une petite maison en Corse, maison qui deviendra un important lieu de travail. En juillet de la même année, il emménage au 4, rue Beautreillis dans le 4e arrondissement de Paris. Il y vivra jusqu’à sa mort.

À partir de 1972, il tente, sans succès, de publier divers écrits et romans. Il signe également le texte du catalogue de Maltais sous le pseudonyme de Michel Enquerre, et celui de René Pradez sous le nom de Michel Camus.

En 1976, Michel devient rédacteur-en-chef de la revue Obliques et également co-directeur de la collection « Images obliques ». Il publie alors de nombreux textes critiques et d’essais sur les œuvres de Sade, Kierkegaard, Sartre, Antonin Artaud, Jean Carteret, Colette Thomas, Jean-Luc Parant, etc., mais aussi sur celles de peintres parmi lesquels Hans Bellmer, Fred Deux, Marcella Maltais, Pierre Courtens, etc…

Son premier recueil de poésie intitulé Paraphrases hérétiques paraît en 1983 aux éditions Lettres Vives, éditions qui publieront au total sept de ses recueils.

De 1984 à 1989, il est producteur-délégué à France Culture, aux côtés d’André Velter notamment pour l’émission radiophonique « Poésie sur Parole ».

Dans les années 1990, Michel écrit et collabore beaucoup pour des revues. Il devient également membres de diverses organisations, répondant parfois à des appels à projet. De 2000 à 2003, il est membre du comité d’organisation du Colloque Abellio programmé en septembre 2002 au Centre International de Cerisy-la-Salle.

Michel meurt le 28 janvier 2003 des suites d’une longue maladie.

Bibliographie

  • Le feu secret du silence, Babel Éditeur, 2002.
  • Poétique de notre lumineuse ignorance, Éditions Lettres Vives, 2002.
  • Les racines de la liberté, Éditions Accarias-l’Originel, 2001.
  • L’arbre de vie du vide, Éditions Lettres Vives, 2001.
  • Adonis, le visionnaire, Éditions du Rocher, 2000.
  • Les avatars du regard, Éditions Opales, 1999.
  • Aphorismes sorciers, Éditions du Rocher, 1996.
  • Antonin Artaud, une autre langue du corps, Opales, 1996.
  • L’enjeu du "Grand jeu", Mont Analogue, 1994.
  • Hymne à Lilith, la femme double, Éditions Lettres Vives, 1993.
  • Le passage de l’impasse, Éditions Lettres Vives, 1991.
  • Proverbes du silence et de l’émerveillement, Éditions Lettres Vives , 1989.
  • Le Silence des dieux, Éditions Lettres Vives, 1987.
  • Fondations, Éditions Lettres Vives, 1987.
  • La Nuit au soleil, Éditions Lettres Vives, 1985.
  • Paraphrases hérétiques, Éditions Lettres Vives, 1983.