« Michel Houellebecq poèmes » une lecture par Hugues Quester - Théâtre de la Ville

PRINTEMPS DES POÈTES / 20 ANS / LA BEAUTÉ

Le comédien Hugues Quester lit les poèmes de Michel Houellebecq au Théâtre de la Ville - Espace Cardin.

Pour le connaître, nul besoin de l’avoir vu nu à 27 ans dans Je t’aime, moi non plus , fou de jalousie face à la caméra de Serge Gainsbourg. Ni les yeux crevés par la somptueuse Charlotte Rampling dans La chair de l’orchidée , le premier film de Patrice Chéreau. Pas plus qu’en fils de forgeron chez Jeanne Moreau, en père volage chez Éric Rohmer, ou en Jean de Dieu luciférien chez feu son ami Juan César Monteiro. Nul besoin non plus de l’avoir vu jouer Shakespeare, Bond, Tchekhov, Marivaux, Cocteau, Corneille, Euripide, Strindberg, Brecht, Vitrac, Horváth, Sarraute ou encore Ionesco, dans toutes ces mises en scène prestigieuses signées Patrice Chéreau, Georges Wilson, Claude Régy, Lucian Pintilié, Roger Planchon, Marcel Maréchal, Robert Hossein, Jorge Lavelli, Gabriel Garran, Giorgio Strehler, Jean-Luc Lagarce, Jacques Lassalle, Stéphane Braunschweig ou encore Emmanuel Demarcy-Mota. Car ce soir il ne se nomme ni Padovan, ni Marcucci, ni Robert, ni Igor, ni Joe, ni Choumachere, ni Toby, ni Gus, ni Denis, ni Maurice, ni Dan… Il n’est plus ni Saint-Just, ni Jean, ni Treplev, ni le Père… Ce soir ce n’est ni du cinéma ni du théâtre, rien que de la poésie. Ce soir il s’appelle Hugues Quester. Et il offre au public sa passion des poèmes de Michel Houellebecq. Tous deux, d’un quatrain et d’une rime à l’autre, singulièrement à la poursuite du bonheur.

Sophie Nauleau.







Informations pratiques
18 mars 2019 - 19h
Théâtre de la Ville - Espace Cardin - 1, avenue Gabriel, 75008 Paris
Sur réservation : cliquez ici.


Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.