Michel Onfray ou l’Intuition du monde, par Adeline Baldacchino

Auteur : Adeline Baldacchino

<i>Michel Onfray ou l'Intuition du monde, par Adeline Baldacchino</i>

La quête poétique ne serait-elle qu’une autre manière de pratiquer l’étonnement philosophique ? Deux voies pour une même aventure, celle qui permet de contourner le gouffre, de se vouloir plus intensément vivant. Jouer avec les mots, forger des concepts, c’est toujours écrire pour échapper au vertige d’exister.

Michel Onfray, infatigable pédagogue, philosophe engagé de l’Université populaire, chantre du « jouir et faire jouir », est aussi poète, et il construit un autre plan de son oeuvre, loin de la polémique et des médias. Cette facette, moins connue du grand public, est pourtant révélatrice. Loin de constituer un aspect marginal, elle s’inscrit au coeur d’un projet philosophique qui accorde toute sa place à l’intuition, aux concordances de l’âme et du corps, sans jamais renoncer pour autant à croire aux pouvoirs de la raison.

De cette approche inédite de son oeuvre, Michel Onfray ressort en fils de Bachelard, un grand interprète des intuitions poétiques dont les mots expriment toute la chair du monde.

Paru le 1er janvier 2016

Éditeur : Le passeur

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.