Michel Onfray ou l’Intuition du monde, par Adeline Baldacchino

Auteur : Adeline Baldacchino

<i>Michel Onfray ou l'Intuition du monde, par Adeline Baldacchino</i>

La quête poétique ne serait-elle qu’une autre manière de pratiquer l’étonnement philosophique ? Deux voies pour une même aventure, celle qui permet de contourner le gouffre, de se vouloir plus intensément vivant. Jouer avec les mots, forger des concepts, c’est toujours écrire pour échapper au vertige d’exister.

Michel Onfray, infatigable pédagogue, philosophe engagé de l’Université populaire, chantre du « jouir et faire jouir », est aussi poète, et il construit un autre plan de son oeuvre, loin de la polémique et des médias. Cette facette, moins connue du grand public, est pourtant révélatrice. Loin de constituer un aspect marginal, elle s’inscrit au coeur d’un projet philosophique qui accorde toute sa place à l’intuition, aux concordances de l’âme et du corps, sans jamais renoncer pour autant à croire aux pouvoirs de la raison.

De cette approche inédite de son oeuvre, Michel Onfray ressort en fils de Bachelard, un grand interprète des intuitions poétiques dont les mots expriment toute la chair du monde.

Paru le 1er janvier 2016

Éditeur : Le passeur

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.