Moi la dormante

Moi la dormante

Ce recueil est un journal poétique, entamé lors d’un premier séjour en hôpital psychiatrique en 2004 au début d’une dépression. Mêlant vers et prose, il témoigne d’une volonté de rendre compte d’une expérience extrême, d’une descente aux enfers à l’intérieur de soi et des autres, et de la découverte de la dureté de l’univers psychiatrique, entre médicaments et enfermement. Il s’agissait alors de garder trace, de témoigner de la maladie psychiatrique, de tous ceux qui éprouvent angoisse et souffrance à tout simplement exister et accomplir les gestes d’une journée quotidienne, alors que la dépression ôte tout élan vital et ravive toutes les questions de l’existence passée (enfance, amours, maternité).

Le cahier d’écriture était alors devenu une urgence. Alors même que la dépression, dans son intensité, empêche souvent toute création et condamne au silence, le défi était de rendre compte d’un état limite au jour le jour dans l’immédiateté du vécu et non dans l’après-coup rétrospectif, et de s’arrimer aux mots, au texte, à la création, à ce qui restait, pour explorer les méandres de la pensée/du langage malade.
Comme une écriture du désastre qui en soi conjure le désastre.

Peinture de couverture : Eric Dubois

Paru le 23 septembre 2021

Éditeur : Unicité.

Poème
de l’instant

Lionel Ray

Les framboisiers

Il se pourrait aussi que le printemps
n’en finisse pas de nous promettre un air
d’avant l’oubli ces fleurs heureuses
ces nuages qui nous ressemblent

Lionel Ray, « Les framboisiers », apulée, Éditions Zulma, 2021.