Mon journal pour Nina (d’été (de poésie)) de Éric Houser

Mon journal pour Nina (d'été (de poésie)) de Éric Houser

Note de l’éditeur : Tu as vraiment de la chance Nina d’avoir un oncle qui t’écrit un livre pour tes 9 ans.
Bon, maintenant tu en a 10 mais tu sais les livres ça peut être un peu long à fabriquer. Ça dépend de beaucoup de trucs,
de choses et de machins. Éric a écrit ce livre pour toi mais aussi pour tout le monde et c’est vraiment chouette. En plus,
il l’a écrit en neuvains, tu sais neuf vers par page. Et puis un journal de vacances au pays Basque, ça ne s’oublie pas.
On entend encore le bruit des vagues, non ? C’est important ce qu’il écrit pour toi, il parle de plein de sujets qui nous questionnent tous,
la poésie bien sûr, mais c’est quoi la poésie ? Et c’est comment un journal ? Et le temps, il appartient à qui ?
Bref, comme disent les savants : Nul n’a jamais su définir la poésie et peut-être est-il facétieux de le faire. Si tu remplaces dans la citation
(un peu détournée) le mot poésie par le mot temps ou sable ou ciel ou crevette, et bien c’est un peu la même question quoique différente.
Bon, entre nous, le mieux est que tu lises le livre d’Éric et on en parle si tu veux bien ?

Extrait :

c’est mon journal pour Nina
d’habitude c’est pour soi
qu’on écrit un journal
on l’écrit tous les jours
ou pas tous les jours
(mais presque)
on écrit : les choses qu’on fait,
qu’on voit,
des pensées
(parfois des pensées secrètes)


j’ai écrit d’été
entre parenthèses
parce qu’on est en été
qui est la saison des vacances
(comme tu sais)
et que pendant les vacances
on est entre parenthèses
de l’année scolaire (pour toi)
ou du travail (pour moi,
comme aussi ton papa)


mais on peut aussi
être entre parenthèses
pendant l’année scolaire
ou pendant le travail
(ça m’arrive)
c’est à dire : être là,
mais un tout petit peu ailleurs,
en même temps,
entendre ce que les gens disent,
mais ne pas tout à fait le comprendre

Paru le 1er septembre 2007

Éditeur : Cuisines de l’Immédiat/ Editions de l’attente

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Gardez-les pour l’amour

Gardez-les pour l’amour
ces poèmes ces murmures
ils sont faim souveraine
contre l’usure du monde et des mots
ils sont l’humus des mémoires et des gestes
et le brûlé des choses

Jean Royer, 1938-2019.