"Mon mousseau…"

Bernard Chambaz

mon mousseau
encore
le souffle non moins ténu qu’au chant III
côté rue le monde des vivants

côté cour le monde des morts
veillé la nuit par les arbres bouffés à l’acide
par les drapeaux bleu-blanc-rouge par la cheminée orientale
du colombarium. urbi
et orbi. un mur
d’enceinte
en pierre sépare les deux mondes. on entend le train
par vent d’est. on voit les couronnes de fleurs déborder
des poubelles. chaque fois
on a le cœur
qui se dérobe

Poème
de l’instant

Les quatre coins du cœur

Un garçon qui, avec le courage des simples, aimait ce qu’il désirait, admettait ce qui l’émouvait, bref, s’y livrait sans se débattre. Naïvement, comme plus personne – ou si peu – n’en avait la possibilité, le courage ou la simplicité en ce siècle.

Françoise Sagan, Les quatre coins du cœur, Éditions Plon, 2019.