Montagnes, de Valérie Linder

Montagnes, de Valérie Linder

Quatre randonneurs se mettent en route, une famille ? des amis ? peu importe, ils s’unissent dans la marche et le paysage.

Paysage aux points de vue mouvants, qui tantôt les domine, tantôt les engloutit mais que toujours ils redécouvrent.

Le randonneur entre en montagne comme on entre en méditation ; doucement, un pas après l’autre, concentré sur sa foulée, sa respiration, ce qui l’entoure. La marche en montagne invite à l’introspection, à la réflexion. Le randonneur se moque du confort habituel, prend des chemins étroits, affronte ses peurs et ses faiblesses, entre solitude et entraide. Le chemin, sans autre ambition que de l’emmener vers l’ailleurs, le fait grandir.

Le texte de Valérie Linder parle de la beauté mystérieuse des montagnes, du bien-être que procure la marche, de la légèreté de partir en balade avec le juste nécessaire. Il fait corps avec les éléments, jusqu’au plus brutal, l’orage qui lave tout et permet de repartir.

Les images faites de fragments, de souvenirs sont comme un carnet de croquis où les échos de plusieurs balades s’entremêlent. Elles se déploient sur de grandes doubles pages et permettent d’entrer de plain-pied dans le paysage.

Un livre pour garder la montagne près de soi entre deux randonnées…

Paru le 1er novembre 2018

Éditeur : Esperluète Editions

Genre de la parution : Jeunesse

Poème
de l’instant

Charles Cros

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal côté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal ;
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros, « Sonnet », Le Collier de griffes.