More à Venise de Bertrand Degott

More à Venise de Bertrand Degott

L’écureuil dans le noisetier moi dans ma chambre
et la fenêtre entre nous deux, peut-être que
mon poème devrait s’en tenir là - rien que
cet écureuil un peu rabougri de la queue
qui d’une branche à l’autre s’étire ou se cambre

pour attraper les fruits s’assied pour grignoter
lui et moi juste, entre lui et moi la fenêtre
on en resterait là - ça vaudrait mieux peut-être
que de recommencer toujours la même lettre
pensant que tu me lis dans la pièce à côté

comme autrefois… je vois toujours des digitales
dans le bouquet que tu viens de réunir ou
des campanules, flamboyer tes cheveux roux
aujourd’hui la lumière est malgré nous brutale
et quelle ombre est venue s’affaler sur ton trou !

Paru le 1er mars 2013

Éditeur : La table ronde

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.