Morlaix

Jean-Albert Guénégan

Kernéguès
fiacre de mon enfance,
tissu des années meilleures
où Morlaix joue à saute-mouton
avec la campagne scintillante de roses
et ses collines, hamac de la mer.

Rue des jardins,
roue de paon du matin
où l’aube isole les destins,
pastel sous mes lampes,
au 33 je demeure.
Le plain-chant des merles
donne des ailes aux rues,
les platanes sont myopes
au regard de l’hiver.
D’un commun accord,
la lune et les étoiles
bénissent mon passage
et jouent
à qui touchera mes fleurs.
De Coatserho à Saint-Martin
ma ville se berce des ciels
réfractaires à mes vents.
O viaduc, bon chrétien
pour les cœurs en souffrance,
tes arches résonnent des maux de Corbière.
Ici, je vis content de mon âme,
les jours m’invitent à la lenteur
des lilas, mimosas, marronniers
et des dimanches au souvenir d’un temps
à ne pas oublier.

Poème
de l’instant

Coplas

Il n’y a de chemins au ciel,
il n’y a de chemins en mer,
il n’y a de chemins sur terre
que pour seulement cheminer.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.