Mouvement d’adieu, constamment empêché

Auteur : Isabelle Baladine Howald

Mouvement d'adieu, constamment empêché

24. Nous ne nous étions pas vus depuis plusieurs jours.
Te voyant, une fente immédiate.
Nous ne nous sommes pas beaucoup parlé, gestes simples,
activités banales durant l’heure où tu fus là.
Plus tard je suis restée près de toi sous une pluie très fine
dans un ciel très clair.
Nous ne pouvions pas nous rapprocher davantage, nous
étions ensemble autant que possible (la très fine séparation
des peaux et des regards), nous étions conscients de
parvenir à nous tenir l’un près de l’autre, nous n’étions pas
ennemis, tout au contraire.

Paru le 1er novembre 2010

Éditeur : La Cabane

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

C’est comme ouvrir un menhir avec les mains

Cessez de chercher, vous êtes la porte
et les gardiens qui en interdisent l’accès.
Chaque pas vous éloigne du nombril
chimères assoiffées d’aventure.
Vous croyez que le mariage vous libère de la mort
ou que l’argent vous marque dans la hiérarchie divine.
Cessez de chercher, la conscience est le philtre magique,
L’œil capable de rejoindre les orbites vides de Dieu
traversant la mort. Personne ne se rencontre soi-même
en parcourant les mers ou en explorant les cavernes.
C’est difficile, comme ouvrir un menhir avec les mains
car notre âme est plus dure que la pierre.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.