Mouvement par la fin de Philippe Rahmy

Sous-titre "Un portrait de la douleur"

Postface de Jacques Dupin
Publié avec le concours du Centre national du livre et du Conseil régional d’Auvergne

Je veux encore dire que chaque vie me semble plus digne d’amour que la mienne mais que je n’en désire aucune autre, pas même celle dont je suis privé. Il vient dans cet absentement concret qui me blesse un peu plus de beauté chaque jour : à mesure que je m’éloigne de la lumière, je m’enfonce davantage en elle.
Comment aborder ce livre bref, brûlant et glacé, dont le titre est complété abruptement, et comme écartelé, roué vif, par les mots : « un portrait de la douleur » ? De là, en deçà, ici, la douleur est un regard. Un regard qui se reconnaît, qui s’approfondit et s’allège quand les mots qui le traversent crissent sur le papier. Le point d’origine, le premier mot jaillit de l’instant de la mort et s’efface dans la torpeur.

Jacques Dupin (extrait de la postface)

Philippe RAHMY
Né à Genève en 1965, Philippe Rahmy est atteint de la maladie des os de verre. Egyptologue, licencié en philosophie, il collabore au site www.remue.net créé par François Bon. Mouvement par la fin est son premier livre publié.

Paru le 1er juillet 2005

Éditeur : Cheyne

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.