N’essences

Auteur : Jean-Luc Steinmetz

<i>N'essences</i>

Collection La rivière échappée

N’essences s’aventure dans un monde verbal fait de scènes uniquement pensables par une logique de l’inconscient et dont la représentation n’est possible que dans l’espace du livre. Poèmes en prose, en apparence. Plutôt récifs brefs, chroniques arrachées, que seule la poésie est en mesure de dire. Loin de l’automatisme surréaliste, loin pareillement d’une littéralité plus récente, une expression prend forme. Le sujet se décline, constamment probable, sans jamais que sa personne se réduise à quelqu’un. Autour, des figures mythologiques éparses forment de problématiques indices culturels. Page après page vient au jour ce que chacun ne tardera pas à y reconnaître - justification suffisante pour ces compositions d’allure insensée qui font semblants de se souvenir, alors qu’elles inaugurent un futur antérieur.

Paru le 1er avril 2001

Éditeur : Apogée

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.