N’essences

Auteur : Jean-Luc Steinmetz

<i>N'essences</i>

Collection La rivière échappée

N’essences s’aventure dans un monde verbal fait de scènes uniquement pensables par une logique de l’inconscient et dont la représentation n’est possible que dans l’espace du livre. Poèmes en prose, en apparence. Plutôt récifs brefs, chroniques arrachées, que seule la poésie est en mesure de dire. Loin de l’automatisme surréaliste, loin pareillement d’une littéralité plus récente, une expression prend forme. Le sujet se décline, constamment probable, sans jamais que sa personne se réduise à quelqu’un. Autour, des figures mythologiques éparses forment de problématiques indices culturels. Page après page vient au jour ce que chacun ne tardera pas à y reconnaître - justification suffisante pour ces compositions d’allure insensée qui font semblants de se souvenir, alors qu’elles inaugurent un futur antérieur.

Paru le 1er avril 2001

Éditeur : Apogée

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.