Naissance sans fin (suite)

Annie Salager

Un être inconnu collectif
s’est soulevé contre
la régression de l’humain
où la barbarie voudrait
nous contraindre
nous emprisonner
ce 11 janvier 2015
une résistance s’est révélée
à elle-même
en chacun de nous
par millions d’individus
citoyens qui avons marché
nous sommes vus
les uns les autres

*
Sur terre des millions d’hommes femmes
solidaires disant non à l’attentat aux attentats
ont dit oui à la liberté

*
D’elle nous sommes devenus
un instant le flambeau
étonnés de le vouloir
et du pressentiment
d’intelligence et cœur
que ce désir exigera

*
Mouvement inoubliable et spontané
de l’aventure humaine prémisses
d’une conscience collective en devenir
son instant hier ressemblait aux pétales
d’une immense fleur qui s’ouvrirait
au soleil des mondes en naissance

Annie Salager

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.