(Nativité) de Michel Arbatz

(Nativité) de Michel Arbatz

"Janvier se retourne
Et la porte s’ouvre
Les eaux, les eaux !

Nuit lente, nuit électrique
métal des minutes à t’attendre
Une guirlande est allumée
on a chauffé la chambre
Un radiateur emprunté, une bouilloire

On te donnait des noms
neuf mois durant
ne sachant rien de toi
ta voix, ta forme, tes couleurs…."

Paru le 1er septembre 2011

Éditeur : Le Temps qu’il fait

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.