Nos abris

Auteur : Albane Gellé

Nos abris

Albane Gellé poème, Anne Leloup lithographies.

Quelques-uns, seuls, ensemble, tâchent de vivre au milieu de diverses étendues, géométriques, géographiques, ils essaient des combinaisons de vies et d’émotions, ils se battent avec des confusions, testent les positions de leurs phrases, inventent des figures, s’appliquent à placer leur corps dans une dimension à leur taille, laissent des espaces mesurés entre chacun d’entre eux, se tutoient, cherchent au bout du compte à se mettre à l’abri des dangers.

Avec ce texte, Albane Gellé explore nos dénominateurs communs ; nos besoins d’amour, d’équilibre, de consolation dans un monde souvent trop vaste ou trop meurtri. Un monde dans lequel nous pensons devoir trouver notre juste place, alors que peut-être, nous devrions nous y glisser, nous y couler, ou simplement y vivre.

Et là, avec quelques mots, phrases en viatique, les possibles se construisent. Albane Gellé nous parle de solitudes fécondes, de rencontres, de pensées solidaires, dans un espace mouvant qu’il nous reste toujours à construire.

Les fragments de lithographies d’Anne Leloup accompagnent les textes. Ce sont des formes, des cocons, des cailloux qui parfois servent de talismans et qui tentent de résumer des bouts de monde.

Paru le 15 mars 2019

Éditeur : Esperluète Editions

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.