Nouveaux Poèmes 1930-1934

Ossip Mandelstam

J’aime à voir ourdir la trame quand
après deux, trois… parfois quatre
suffocantes vagues d’apnée
vient le soupir libérateur.

Et comme il est grave et bienfaisant,
lorsqu’enfin advient l’instant
où, à travers mon balbutiement,
l’arc soudain vibre, et se détend.

Ossip Mandelstam, Nouveaux Poèmes 1930-1934, Traduit du russe par Christiane Pighetti, Éditions Allia, 2018.

Poème
de l’instant

Coplas

Que fais-tu, hibou, sur ton olivier,
avec ces grands yeux tout écarquillés ?

Je m’occupe à observer, dit l’oiseau,
du temps la longue traversée.

José Bergamín, « Coplas », Traduction de L.-F. Delisse, Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.