Novalis Poésie, réel absolu

Novalis Poésie, réel absolu

Avant-propos de Frédéric Brun

En 1797, Novalis publie ses premiers fragments dans la revue Athenaeum et continue à en écrire durant toute son existence.
« La poésie est le réel véritablement absolu. C’est le noyau de ma philosophie. Plus c’est poétique, plus c’est vrai », peut-on lire dans ses premières pensées. Philosophe, scientifique et poète, il place la poésie au cœur et au-dessus de toutes les disciplines en faisant d’elle celle qui permet d’assurer leur fusion pour mieux comprendre l’univers. Elle est selon lui « l’héroïne de la philosophie » et « élève chaque individu à la totalité à travers une opération de connexion qui lui est propre ».

Laurent Margantin présente une nouvelle traduction d’un florilège des premiers fragments de Novalis. Il a su préserver l’essence de ces textes courts, qui abordent déjà la plupart des thématiques du poète allemand et définissent notamment le rôle essentiel de la poésie dans notre existence.

Paru le 1er avril 2015

Éditeur : Poesis

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.