Novalis et l’âme poétique du monde par Frédéric Brun

Novalis et l'âme poétique du monde par Frédéric Brun

Friedrich von Hardenberg, plus connu sous le nom de Novalis demeure l’un des poètes les plus purs qui ait jamais existé. La poésie est au centre de tous ses écrits. En vingt-neuf ans de vie seulement, il a su évoquer les correspondances entre toutes les disciplines, poétiques, philosophiques, scientifiques ou religieuses.
Sa vie correspond elle-même parfaitement à l’émerveillement provoqué par la lecture de ses écrits : son enfance dans les vieux manoirs familiaux, ses années d’apprentissage universitaire, son amour éphémère pour la jeune Sophie von Kühn, la muse de ses célèbres Hymnes à la Nuit, et la création de sa légendaire « Fleur bleue » au cœur du roman Henri d’Ofterdingen.

Sur les traces de Novalis en Allemagne, Frédéric Brun entremêle ses réflexions personnelles, le récit de la vie du poète et les raisons de son attirance pour celui qui demeure deux cents ans plus tard d’une grande modernité. Il évoque comment l’œuvre de Novalis depuis sa disparition jusqu’à nos jours a inspiré des grands écrivains : Hesse, Gide, Maeterlinck, Borges, Breton, Jaccottet… Il aborde les contradictions entre les messages de ce précurseur du romantisme allemand et les bouleversements européens du siècle dernier. Ce livre présente pour la première fois en langue française la vie entière de Novalis dans un style romanesque. L’auteur souhaite ainsi rendre accessibles les idées de ce poète unique et intemporel, peu connu en france, à un lectorat parfois éloigné du monde de la poésie.

Paru le 1er avril 2015

Éditeur : Poesis

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.