Œuvres complètes

tome I : Poésie et théâtre

Auteur : Alfred de Vigny

Œuvres complètes

Édition de François Germain et André Jarry.
Nouvelle édition.

Le tome I de cette nouvelle édition des Œuvres complètes de Vigny réunit l’ensemble de sa poésie et de son théâtre. À côté des textes majeurs, il recueille des fragments dispersés, jusqu’ici difficiles à trouver, et des pages inédites.

Ainsi, des poèmes confiés à des revues et jamais repris, des textes non publiés du vivant de l’auteur et mis en réserve dans des cartons sont désormais accessibles. En outre, on a ouvert deux rubriques symétriques, « L’Atelier du poète » et « L’Atelier du dramaturge » : on y trouvera les esquisses où ont germé et mûri les œuvres menées à bien par la suite.

Grâce à la recension de ces ébauches, cette édition est plus complète ; elle est aussi plus sûre : on a eu systématiquement recours aux manuscrits – dont beaucoup découverts ou retrouvés dans des collections privées – pour restituer fidèlement des textes que la multiplicité des éditions avait parfois dégradés.
Les œuvres sont éclairées par des préfaces, des notices et des notes qui témoignent d’une double volonté de précision historique et de mise en lumière des composantes principales de l’imaginaire de Vigny : on le voit, l’objectif n’est pas de juger mais d’aider à comprendre mieux le déclenchement et l’orientation de la création littéraire.

Paru le 20 février 1986

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Anthologie

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.