ÉDUCATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE

OPÉRATION COUDRIER AU MUSÉE GUIMET

Jeudi 24 mars, les élèves de trois établissements scolaires participant au premier volet de l’Opération Coudrier, 21 Haïkus pour un Printemps, ont été invités au Musée national des arts asiatiques Guimet, l’occasion pour eux non seulement d’en découvrir les collections, mais aussi d’une rencontre unique avec Corinne Atlan, qui a coécrit l’Anthologie du poème court japonais avec Zéno Bianu.

L’Opération Coudrier est un programme d’éducation artistique et culturelle proposé par le Printemps des Poètes pour la deuxième année consécutive. Pour cette 24e édition autour de L’Éphémère, les jeunes participant au projet ont été invités à retraduire des haïkus, poèmes brefs d’origine japonaise, ainsi qu’à en choisir dans l’Anthologie du poème court japonais de Corinne Atlan et Zéno Bianu (Poésie / Gallimard, 2002) pour illustrer leur définition de l’Éphémère.


La pureté, l’instantanéité et l’authenticité du haïku cristallisent en une forme poétique l’idée de l’Éphémère. Le haïku est aussi un symbole du voyage de la poésie à travers le monde, depuis les haijins (facteurs de haïkus) de l’Extrême-Orient jusqu’aux élèves des écoles francophones.


Ainsi, le Musée Guimet, qui abrite de précieuses collections dédiées aux arts asiatiques, semble le lieu idéal pour un moment collectif de rencontre et de restitution autour de l’Éphémère et des haïkus écrits par les jeunes.

Visite des sixièmes du Collège Denis Diderot d’Aubervilliers à l’Hôtel d’Heidelbach le 24 mars 2022 © Le Printemps des Poètes / Mathilde Lecornet

Trois classes investies dans l’Opération Coudrier, venues d’Aubervilliers, Nogent-sur-Marne et Antony, avec des élèves allant de 10 à 15 ans, sont donc venues pour parcourir les collections du musée et pour réaliser des ateliers d’écriture, jeudi 24 mars.

Les élèves ont suivi selon leur âge des parcours différents, avec en commun la notion d’Éphémère. Mandala tibétain, pavillon de thé, fleurs de sakura et légende des mille grues ont accompagné les jeunes tout au long de leurs visites.

« Les Japonais, lorsqu’ils se rendent au mont Fuji ; préfèrent en regarder le reflet dans les lacs : ça permet d’imaginer. »
Corinne Atlan à propos de la visite de l’Hôtel d’Heidelbach

Cette journée fut également l’occasion d’une rencontre unique avec Corinne Atlan, traductrice des haïkus présents dans l’Anthologie du poème court japonais, écrivaine et connaisseuse passionnée de la culture japonaise. Dans l’auditorium du Musée Guimet, Corinne Atlan a échangé avec les jeunes sur les enjeux de la traduction, la civilisation japonaise, l’essence du haïku, et a lu aux classes des extraits d’œuvres illustrant ses propos. Entrelacées à ses interventions, des restitutions avaient été préparées par les classes et les adolescents ont pu partager leurs travaux poétiques avec les autres classes. Un grand moment de fierté et d’émotion pour eux, ainsi que pour leurs enseignants !

Les classes lors de la rencontre avec Corinne Atlan, le 24 mars 2022, auditorium du Musée Guimet © Le Printemps des Poètes / Mathilde Lecornet









Partenaires

Poème
de l’instant

Cahier de création

Et s’il ne restait que la force du chant
la puissance impalpable d’un cœur de graminées
le bonheur insondable du chœur rythmé
la sobriété généreuse des souffles mêlés
et s’il ne restait que le giron de la transe
berceau de nos rêves en nos chevelures dénouées
claquement de mains et chairs libérées
bras serpentins et hanches agitées
et s’il ne restait que la solidité de nos rêves

Sabrina Sow, Cahier de création, Illustrations d’Alexis Christiaen, Éditions de l’espèce, 2020.