Oeuvres complètes de Friedrich Hölderlin

Oeuvres complètes de Friedrich Hölderlin

Texte établi par Michaël Knaupp, traduit de l’allemand par François Garrigue.

Traduire l’ensemble de l’œuvre poétique d’un poète comme Hölderlin relève de l’engagement d’une vie. Il faut saluer ici l’entreprise de François Garrigue qui s’est attelé à une tâche aussi difficile et n’a pas renoncé devant les obstacles de toute nature. Il nous offre la possibilité de lire en français, en regard du texte allemand de l’édition de Michaël Knaupp, un des sommets de la poésie de tous les temps.
Ce que le lecteur trouvera ici c’est l’œuvre poétique complète de Hölderlin, c’est-à-dire la partie intitulée Gedichte dans l’édition Hanser, à laquelle le traducteur a adjoint Le Chant du destin tiré du deuxième volume d’Hypérion, et la dernière partie du premier volume, Dichtungen nach 1806 ainsi que le fragment de prose d’une ébauche de suite d’Hypérion.
Dans sa préface François Garrigue écrit : « Il est clair que le traducteur n’aurait pas entrepris ce travail s’il n’y avait pas cru. S’il ne s’agit que d’éclairer le pourquoi, nous pourrions dire ceci : la poésie de Hölderlin a sans doute été une course après la perfection, une perfection qu’il ne plaçait pas dans une extrême maîtrise du savoir-faire humain, mais dans la Vollendung, qui est l’accomplissement, le couronnement du cours de la vie et qui relève du divin, voire de ce qu’il y a de divin dans la nature, mais ne touche l’homme que par ce contact renoué avec le divin…. Le parti-pris de cette traduction est de transmettre quelque chose de ce va-et-vient autour de quelques figures vitales au moyen desquelles Hölderlin a tenté jusqu’au bout d’aborder le passage sans jamais renoncer à l’ici. »

N’ayez pas peur du poète en sa noble colère, sa lettre
Frappe à mort, mais l’esprit rend les esprits vivants.

Paru le 1er septembre 2005

Éditeur : La Différence

Genre de la parution : Anthologie

Poème
de l’instant

Carl Norac

Avant de tout dire

Toute la beauté du monde, je ne peux pas te la dire. Mais rien ne m’empêche d’un peu l’approcher avec toi.

Il y a de si grands murs qui cachent les jardins, des dépotoirs au bord des plages, des ghettos dans des îles, tant de blessures aux paysages.

Par bonheur, un peu de splendeur demeure alentour et le dire, même tout bas, par amour, c’est croire encore qu’un jour, nous irons la trouver, toute la beauté du monde.

Carl Norac, « Avant de tout dire », Le livre des beautés minuscules, Éditions Rue du Monde.