On ne sait pas que les mères meurent

Laurence Bouvet

Auteur : Laurence Bouvet

<i>On ne sait pas que les mères meurent</i>

Ce récit est un récit de deuil. L’auteure voit sa mère en rêve ou peut-être l’imagine-t-elle en rêve. Chaque chapitre apparaît dans une douceur apaisante comme si le deuil et la douleur étaient ailleurs, enfouis dans le tréfonds d’un travail sur soi-même.
Aucune trace, aucun indice n’échappent à la narratrice. Elle constate : « Le rêve dévoile autant qu’il dissimule ». Le rêve de la mère est multiple et peu à peu le puzzle se construit et se déconstruit vers l’acceptation de la perte. L’écriture l’emporte sur l’absence, elle trace un chemin vers le souvenir. Laurence Bouvet respire les mots. Elle les connaît comme d’autres connaissent les fonds sous-marins ou le désert. De leur simplicité jaillit la profondeur, la magie opère et la lecture de ses rêves finit par capter quelque chose d’indéfinissable en nous, que l’on ne peut nommer, au-delà des mots et qui nous enseigne qu’« être vivant c’est être séparé ».

Texte de l’éditeur, parution 2018.

Paru le 20 novembre 2018

Éditeur : Unicité.

Genre de la parution : Prose

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage