Oubliettes de Leonardo Sinisgalli

Oubliettes de Leonardo Sinisgalli

traduit de l’italien par Thierry Gillyboeuf

Poète ingénieur, Leonardo Sinisgalli fut toute sa vie fasciné par la musicalité d’une langue au plus près du silence et par les arcanes mathématiques des machines. Sa poésie, autant que sa prose, s’efforcera de concilier ces deux cultures.

Paru le 1er janvier 2004

Éditeur : Atelier La Feugraie

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.