Oui

Auteur : Jeanine Baude

Oui

Extrait :

Tous les non de ma vie sont dépenses
d’écume et vive eau sur les vagues
galets s’imprégnant du sel écrit
encourant le vent, la résonnance
la pluie des syllabes d’acier
venue de l’encrier, de l’océan
comme mer ratissant les grèves

Mais prononcer ce oui sur une
robe d’épousée, sa ramure
de chair, son boisseau de jeunesse
liquide, enchanteresse
devant les yeux de l’autre
le secret de la nuit les enroulant
sur l’appel de beauté, le don

C’est prendre le chemin du fleuve
le passé en amont et la route en aval

Extrait :

Tous les non de ma vie sont brûlants
de révolte emprise sous le sel et la vague
roulant de mon corps vers l’horizon
le plus ferme et le plus atteignable
dans l’essor d’un mouvement
où le signe paraît sur une ligne rouge
sang vie, vie sang mêlés

Mais prononcer ce oui sur l’encre violette
du rivage, algues et armérias se frottant
à la nudité des pierres sur papier coloré
de marées, de gerbes verdoyantes
quand la plage devient ce livre d’audace
cette mer de perplexités courant
en rubans de métonymies et de parenthèses

Le navire au loin dans sa traîne
vague après vague roule l’acquiescement

Paru le 15 juin 2017

Éditeur : La rumeur libre

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Serge Sautreau

Rivière je vous prie

Loin, un instant, des rives, souvenons-nous, riverains des cours de porcelaine, souvenons-nous des loges de verre, entre flammes et idoles, où se pâmaient le mythe, la révolte, les tyrannies de la fin…

Loin, à l’instant, loin du poumon fertile, c’est l’origine qui appelle avec de longs herbiers ondulant sous la nacre, laissant apercevoir des sables habités, des galaxie solubles, des à-pics de massifs coulés s’engloutissant dans le vert sombre.

Pour invoquer. Pour éveiller le dieu. Pour ne jurer de rien. Pour accueillir. Rivière.

Serge Sautreau, Rivière je vous prie, Éditions l’Atelier le Ciel sur la Terre, 1997