Parenthèses de Philippe Jones

Parenthèses de Philippe Jones

l’arbre est concret, un tronc, des branches, un feuillage ; il est vivant, se modifie au gré des saisons, varie selon la lumière, selon le temps qu’il fait, selon l’angle de vue, mais il n’en demeure pas moins une image si on l’évoque

dressé, poitrine ouverte au ciel, un arbre occupe son espace

Paru le 1er juin 2013

Éditeur : Le Cormier

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Stèles

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?
La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, - tu la piétines de ton envie.
La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, - contemple-la de ton désir .

*

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,
Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

Victor Segalen, Stèles, « Stèle au désir », 1912.