Parfois, la beauté

Auteur : Azadée Nichapour

<i>Parfois, la beauté</i>

Étrange étrangère, en quête d’elle-même et des autres, Azadée Nichapour nous invite à un voyage poétique : celui par lequel la beauté nous console de la brièveté de la vie.

Par ce recueil – qui fait alterner de courts textes poétiques, proches de l’aphorisme, et des poèmes qui évoquent des moments de vie – Azadée Nichapour poursuit sa quête "sur la route de soi".
D’une voix parfois intimiste, elle chante la douceur et la douleur de vivre, des rêves printaniers et des amours inconsolables. Est-ce la vie d’une jeune Persane ? Non, c’est celle d’une personne, entraînée comme tant d’autres sur les chemins de l’exil, là où larmes et lumière se confondent.
Avec Parfois la beauté, elle explique aussi pourquoi elle se sent "deux fois étrangère" : on la regarde en France comme une immigrée, en même temps que son pays natal lui est devenu une terre inaccessible. À la manière d’Andrée Chedid ou de Joyce Mansour, cela ne l’empêche pas de retrouver les thèmes d’une poésie universelle et de confier à la beauté le soin de changer nos vies. Ce texte à l’écriture ferme, claire et déliée n’est pas une découverte, mais une confirmation. Dix poèmes du recueil, chantés par Azadée Nichapour, ont fait l’objet d’une adaptation musicale.

Prix de poésie 2008 de la Société des Gens de Lettres

Biographie
Azadée Nichapour, née en Iran en 1968, a choisi pour pseudonyme le nom de sa ville natale. En 2004, elle publie son premier recueil de poèmes, Nuage étranger (Éditions Dumerchez), avant de publier un récit autobiographique, Pour l’amour d’une langue – Lettre ouverte d’une immigrée "intégrée" au président de la République et aux Français (Éditions Le bord de l’eau). Fortement engagée sur la question de l’intégration des immigrés, Azadée Nichapour est également la collaboratrice de ministres et de députés à l’Assemblée nationale.

Paru le 1er février 2008

Éditeur : Seghers

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.