Paris est une histoire d’amour, suivi de Le complexe de l’écrivain

Auteur : Éric Dubois

Paris est une histoire d'amour, suivi de Le complexe de l'écrivain

« J’ai dormi d’une traite. Je me suis rasé, douché et pris mon petit-déjeuner. Tout l’appartement blanchi par la lumière matinale, peu à peu, sortait d’un rêve absolu. J’ai pensé à la jeune fille d’hier. Mais comment la retrouver ? Avait-elle ses habitudes dans le café où je l’avais côtoyée quelques minutes ? Impossible d’avoir la réponse. Tout cela semblait absurde. Quelle lubie m’avait permis de croire que le destin allait me faire la croiser à nouveau dans une métropole où l’anonymat pèse et noie les certitudes dans des brumes opaques ? Je n’avais rien d’autre à faire qu’attendre. Mais ce jour-là, je travaillais, retrouvais mes habitudes. Ce fut une journée sans problème, sans que je pense à la jeune fille, blonde, rencontrée au café, la veille. Car elle était blonde avec des yeux noirs. »

Éric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie et récits aux éditions Le Manuscrit, Encres Vives, Hélices, L’Harmattan, Publie.net, Unicité, Le Lys Bleu. Responsable de la revue de poésie en ligne Le Capital des Mots (2007-2020) et de l’association éponyme qui est aussi maison d’édition (2015).
Responsable de la revue de poésie en ligne Poésie Mag (2020). Blogueur : « Les tribulations d’Éric Dubois » (2009-2020). Il est aussi l’auteur d’un récit autobiographique L’homme qui entendait des voix paru en 2019 aux éditions Unicité et d’un roman Lunatic aux éditions Le Lys Bleu en 2021.

Paru le 5 décembre 2022

Éditeur : Unicité.

Poème
de l’instant

Eugenio de Andrade

Blanc sur Blanc

Traverser le matin jusqu’à la feuille
des peupliers,
être frère d’une étoile, ou son fils,
ou peut-être père un jour d’une autre lumière de soie,

ignorer les eaux de mon nom,
les secrètes noces du regard,
les charbons et les lèvres de la soif,
ne pas savoir comment

l’on finit par mourir d’une telle hésitation,
un si grand désir
d’être flamme, de brûler ainsi d’étoile
en étoile,

jusqu’à la fin.

Eugenio de Andrade, Blanc sur Blanc, Traduit du portugais par Michel Chandeigne, Éditions de la Différence, 1988.