Parmi les égarés

Auteur : Marc Ross

Parmi les égarés

Préface de Georges de Rivas.

Soixante cinq ans après le séisme d’Orléansville, Marc Ross ramasse enfin « la plume de ses souvenirs » liés au 9 septembre 1954 et nous offre à travers ce recueil celle qui lui appartient désormais, celle qui parvient à exorciser le drame vécu par tant d’hommes, de femmes et d’enfants, celle qui reconstruit une ville sur le territoire poétique et celle qui révèle « la vocation à exprimer les émotions éprouvées » tel l’affirme le préfacier.
Après la déambulation dans Manhattan, de AlphaBet City, son précédent ouvrage, c’est ici la débandade Parmi les égarés : un grand « remue-ménage » gravé dans le regard d’un enfant de six ans, avec son imaginaire, ses références, réfléchi dans celui de l’homme devenu, avec ses réflexions, ses points de vue, sa rage ou bien sa mansuétude, mais encore sculpté dans celui du poète, avec ses champs lexicaux entremêlés, ses personnifications végétales, mobilières, immobilières et sa musicalité plurielle et rémanente…

Paru le 10 octobre 2019

Éditeur : Editions Prolégomènes

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Carl Norac

Petit poème pour y aller

Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Un insecte sur ta peau dont tu écoutes la musique des pattes.
La sirène d’un bateau suivie par des oiseaux, ou un pli de vagues.
Un arbre un peu tordu qui parle pourtant du soleil.
Ou souviens-toi, ces mots tracés sur un mur de ta rue :
« Sois libre et ne te tais pas ! ».
Un poème parfois, ce n’est pas grand-chose.
Pas une longue chanson, mais assez de musique pour partir
en promenade ou sur une étoile,
à vue de rêve ou de passant.
C’est un aller qui part sans son retour
pour voir de quoi le monde est fait.
C’est le sourire des inconnus
au coin d’une heure, d’une avenue.
Au fond, un poème, c’est souvent ça,
de simples regards, des mouvements de lèvres,
la façon dont tu peux caresser une aile, une peau, une carapace,
dont tu salues encore ce bateau qui ouvre à peine les yeux,
dont tu peux tendre une main ou une banderole,
et aussi la manière dont tu te diras :
« Courage ! Sur le chemin que j’ai choisi, j’y vais, j’y suis ! ».
Un poème, à la fois, ce n’est pas grand-chose
et tout l’univers.

Carl Norac, inédit, pour le 22e Printemps des Poète / Le Courage