Parmi tout ce qui renverse

Auteur : Georges Guillain

Parmi tout ce qui renverse

Parmi tout ce qui renverse achève le cycle commencé avec Compris dans le paysage (Potentille, 2010), complété par Avec la terre au bout (Atelier La Feugraie, 2011). Le recueil puise sa forme générale de Vie, Poésies et Pensées de Joseph Delorme de Sainte-Beuve. C’est en effet grâce à ce livre que l’on voit pour la première fois, dans la poésie moderne, le poète se dégager de l’illusion de la transparence du sujet pour inventer une lecture « romanesque » de la poésie lyrique. Toutefois, l’itinéraire du poète mis en scène par Georges Guillain est exactement l’inverse de celui que suit le « héros » de Sainte-Beuve. Alors que ce dernier se figure en bonne place dans la longue série des poètes du malheur, le « Il » de Parmi tout ce qui renverse, s’il est bien conscient de toutes les pesanteurs et des impuissances qui le limitent, finit par trouver dans la faculté de s’éprouver simplement vivant, au cœur d’un monde ouvert par la parole, une forme d’acceptation heureuse de sa condition.

Paru le 2 mars 2017

Éditeur : Le Castor Astral

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.