Paseo Grande

Auteur : André Velter

Paseo Grande

Un livre-récital avec Olivier Deck et sept poèmes-talismans avec Antonio Segui . Contient 1 CD audio

Comme un pari fabuleux et fatal, sans fausseté ni repli possibles. Comme un périple dans les périls où se réinvente le monde. Comme un récital amorcé dans l’incessant va-et-vient de textes encore précaires et de mélodies soudaines. Ce livre est indissociable du mouvement complice qui l’a suscité et de l’environnement sonore, vocal et musical qui l’a inspiré. Les compositions et le chant d’Olivier Deck ont accompagné et parfois devancé l’écriture de ces ballades pareilles à des rêves éveillés, à des sursauts funestes, à des éclats de vie violente et fière. C’est pourquoi un tel recueil se devait, en plus d’être imprimé, de s’affranchir de son cadre et d’offrir, par une extension désormais possible du côté d’internet, quelques propositions d’écoute, quelques séquences filmées. S’aventurer ainsi en terrain découvert suggérait de s’adjoindre plusieurs talismans, aussi aléatoires que ceux qu’énumère Borges dans La rosa profunda, et les sept quatrains en images, réalisés avec Antonio Segui, ne comptent d’ailleurs que sur leur magie hasardeuse, explicitement ironique, pour assurer la protection rapprochée du Paseo Grande.

Paru le 1er janvier 2011

Éditeur : Gallimard

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.