Passeports pour ailleurs

Daniel De Bruycker

Passeports pour ailleurs

Les Wu-sun des Monts du Ciel, petit peuple pastoral de Haute-Asie, enclavé parmi des tribus turco mongoles mais proche, par son type et par sa langue, des Celtes des finistères européens, furent longtemps considérés comme un peuple sans écriture.

Ceci, jusqu’à ce que le linguiste d’origine croate Ilan Precjev-Ilan (1927-2015) révèle leur destin tourmenté, leur étrange écriture « végétale » et le touchant trésor de leur « poésie mémorielle », ici présentée pour la première fois en français.

Du 9e siècle à nos jours, ces 99 brefs poèmes-testaments, oeuvres d’éleveurs montagnards, de guerriers ou d’artisans, posent et reposent au ciel lointain la même éternelle question : « Voici qui je fus. Montrez-moi où aller maintenant. »

Texte de l’éditeur

Paru le 1er mai 2018

Éditeur : L’arbre à paroles Maison de la Poésie d’Amay

Poème
de l’instant

Jean-Louis Rambour

33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse)

Il arrive fréquemment que les hommes aient peur des chevaux. Certains jouent les indifférents, d’autres ne cachent pas leur inquiétude. Pégase, le cheval divin, avait des ailes d’ange à faire peur. Incitatus avait une écurie de marbre, une mangeoire en ivoire, à faire peur. Sur la tombe de son cheval, Alexandre fonda la ville de Bucéphalie et provoqua peur et questionnement. Mais là, là, dans ce champ jaune, il s’agit de retourner les terres les plus empierrées, car tout le monde ne possède pas encore son Massey Ferguson. Auquel on ne prête ni ailes ni ombres.

Jean-Louis Rambour, 33 poèmes en forme de nouvelles (ou l’inverse), Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits, 2020.