Passion

Zéno Bianu

c’était on ne sait quoi de submergé c’était
c’était je ne sais quoi comme un frisson d’éclipse
un grand éclat de vide au coeur des densités
un précipice ouvert in the touch of your lips

le coeur qui va le cœur qui voit à coups de sonde
c’était je ne sais guère une étoile transie
c’était je ne sais plus avant les premiers mondes
avant de te connaître et d’oublier la nuit

c’était un abandon aux langues inconnues
une infinie passion pour la parole vive
c’était c’était jusqu’au diamant du leitmotiv

c’était le bel amour vous l’avez reconnu
celui qui n’attend pas le pur l’incontesté
c’était on ne sait quoi de submergé c’était

Zéno Bianu

Poème
de l’instant

« Fabulation »

« Cela » : humus formé par l’effritement et l’évaporation de nos rêves – diurnes autant que nocturnes ¬–, et que viennent féconder les songes ainsi qu’une abeille féconde les fleurs où elle butine. Les songes, montés (ou descendus ?) des confins du visible.

Sylvie Germain, « Fabulation », Revue Caravanes 8, Éditions Phébus, 2003.