Paupières de terre

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Montrouge cedex

Un peu de jour aux lèvres

1er juin 2010

Un peu de jour aux lèvres

"A cause peut-être
de la brutalité de l’absence
de l’effondrement des voix
on cherche entre les mots
ce qui allège
une clé pour l’inhabitable"

D'entente avec oui de Jacques Roman

1er décembre 2008

D’entente avec oui de Jacques Roman

Gravures de Vincent Ottiger. Poèmes
Mes doigts tremblaient
d’impatience
piaffant comme chevaux
d’aller charger encore
l’ennemi de la vie

Ces gestes en écho

1er décembre 2006

Ces gestes en écho

"s’abandonner à la lumière
comme le tournesol
au gré du vent
qui l’empêche ?"

<i>Du monde du chagrin de Jacques Roman et Bernard Noël</i>

1er décembre 2006

Du monde du chagrin de Jacques Roman et Bernard Noël

De Jacques Roman et Bernard Noël.
"Le chagrin va vêtu de trop de peaux, le temps le déshabille, et sa dernière peau est le don de sa nudité offerte à l’oubli." Jacques Roman.
"L’oubli nous repose de nous-même et du monde dans la mesure où il recouvre tout ce qui pèserait trop lourd, mais l’écriture un jour va y puiser ce qui finirait par nous manquer si elle ne l’effaçait pas en éclairant."
Bernard (…)

de l'horizon

1er mai 2006

de l’horizon

Silence à vif

1er mai 2004

Silence à vif

qui parle
dans nos corps ?
Qui creuse
sans aucun bruit
qui officie
dans notre dos ?
qui décide
de la beauté
de son effondrement ?

Poème
de l’instant

Stéphane Crémer

La Terre

Au sortir d’un rêve à Brasilia j’ai empoigné
la terre, déjà si âcre à mes mains
que leurs paumes m’ont paru des papilles
d’où montait un goût avec son parfum.

Quelqu’un est mort bien loin ce matin
et j’ai pensé, en me baissant jusque là
pour l’emporter à mon tour, que je saurais
l’y ensevelir à ma manière en secret.

Ainsi – car n’allons pas priver la poésie
de sa logique : ni car ni ainsi ne sont proscrits
du poème, ni aucuns mots, pourvu qu’ils s’unissent
en pensée par-delà les marges noires du faire-part ! – ,

ainsi je garde près de moi, dans des flacons
comme une épice sur l’étagère de ma cuisine,
ce pigment rouge du Brésil dont je sais qu’un jour,
empesé à l’amidon de mon choix, un beau jour

nous partagerons la délicieuse peinture mitonnée
qui montrera, aussi bien qu’une Joconde enfin
pour de bon éclipsée de son cadre, ce qu’il reste
de cette disparition : un paysage, et son horizon !

Stéphane Crémer, compost, Éditions isabelle sauvage, 2013.