Pauvre Baudelaire par Jules Vipaldo

Pauvre Baudelaire par Jules Vipaldo

Baudelaire est l’auteur d’un Pauvre Belgique ! pour le moins pamphlétaire et parfois outrancier. Le point de départ du livre de Jules Vipaldo, Pauvre Baudelaire, réside dans ce parallèle d’un retour de Belgique, suite à un voyage effectué quelques années en arrière dans ce pays. L’auteur fut invité, avec d’autres poètes, à lire et présenter son travail à Bruxelles. Contre toute attente, la rencontre tourne court, se terminant, en « queue de passion triste », non sans quelques arêtes qui lui resteront en travers de la gorge.

Dès lors, l’équation posée par l’auteur est simple : Belgique = Baudelaire = la poésie belge = toute la poésie : et donc, son procès.

Le livre est à la fois le récit et l’instruction de ce procès parodique, intenté « pour de rire », d’un rire intérieur à la poésie. Le texte devient alors le lieu d’un excès de langage et d’une exagération tous azimuts. Cette outrance vise à une amplification de la langue, à une vitesse et à une intensification de ses jeux et de ses effets, par une prolifération littéralement poétique.
L’AUTEUR

Né en 1979, Jules Vipaldo vit et travaille dans le Bas-Berry. On le définit souvent comme « pitre, poète du pire, trousseur de fables, malaxeur de vocables » alors qu’il est sérieux comme un sous-pape.

Paru le 1er juin 2015

Éditeur : Les doigts dans la prose

Genre de la parution : Essai

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.