Paysages inexistants suivi de Le monde s’en va de René Pons

Paysages inexistants suivi de Le monde s'en va de René Pons

"Désert

Il a marché longtemps, à l’infini ; puis il est entré dans un mirage de boue séchée. comme les plafonds étaient bas dans ces maisons où il ne pouvaient circuler qu’à plat ventre et où des tentures de laine, graisseuses de suint, masquaient les murs !

Cela se passait de l’autre côté d’un désert jamais traversé, mais dans lequel il avançait pourtant, il ne cessait pas d’avancer, au rythme dodelinant des chameaux, dont les pierres se posaient, sur le sable incandescent, avec des minauderies de ballerine."

Paru le 1er avril 2010

Éditeur : Rhubarbe

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Alejandro Jodorowsky

Es como abrir un menhir con las manos

Cesad de buscar, vosotros mismos sois la puerta
y también los guardianes que prohiben la entrada.
A cada paso que dais os alejais del ombligo
convertidos en fantasmas sedientos de aventura.
Creeís que el matrimonio os libera de la muerte
o que el dinero os inscribe en la jerarquía divina.
Cesad de buscar, el filtro mágico es la conciencia,
ojo que puede regresar a las cuencas vacías de Dios
atravesando la muerte. Nadie se encuentra a sí mismo
recorriendo los mares o bajando a cavernas.
No es fácil, es como abrir un menhir con las manos
porque tenemos un alma más dura que la piedra.

Alejandro Jodorowsky, Traduit de l’espagnol (Chili) par Martin Bakero et Emmanuel Lequeux
dire ne suffit pas, no basta decir, Le Veilleur Éditions, 2003.