Peindre les mots

Gestes d’artiste, voix de poètes

Auteur : Bruno Doucey

Peindre les mots

Le mot de l’éditeur :

L’atelier de Robert Lobet ressemble à un bateau. Des papiers de création reposent sur des séchoirs a claies comme les cartes des navigateurs. La roue d’une presse à taille-douce paraît un gouvernail. Un lingotier empli de cales en plomb sommeille dans la soute. Une console d’encrage attend son heure comme un navire au mouillage. Dans le carré, des estampes et des livres d’artiste, signés avec Michel Butor, Andrée Chedid, René Pons, Frédéric Jacques Temple, et maints autres poètes contemporains… Cette aventure inédite, vouée au dialogue entre les arts, méritait d’être racontée et mise en images. C’est chose faite. Peindre les mots est une invitation au voyage : dans la topographie organique des territoires qu’esquisse l’artiste, au gré des espaces qu’il invente, sur les surfaces libres qu’il explore par le trait et la couleur.

Des textes de :

Marie Alloy, Marc-Henri Arfeux, Gilles Baudry, Claude Ber, Catherine Boudet, Laurence Bouvet, Marlena Braester, Michel Butor, Estelle Ceccarini, Jean-Pierre Chambon, Andrée Chedid, Anita Conti, Felip Costaglioli, Bruno Doucey, Patrick Dubost, Estelle Fenzy, Alain Freixe, Mathieu Gimenez, Lucien Giraudo, Corinne Hoex, Sabine Huynh, Imasango, Jean Joubert, Aurélia Lassaque, Yvon Le Men, Yves Namur, Colette Nys-Mazure, Sabine Péglion, René Pons, Yannis Ritsos, Fabio Scotto, Ronny Someck, Murielle Szac, Frédéric Jacques Temple, Michel Thion, Zingonia Zingone

Paru le 5 mai 2022

Éditeur : Editions Bruno Doucey

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.