Pernette du Guillet

Pernette du Guillet naît en 1520 au sein d’une famille noble. Encore de nos jours, très peu d’informations sur sa vie sont connues.

À l’âge de 16 ans, elle s’éprend de celui qui deviendra son professeur, le poète Maurice Scève de vingt ans son ainé. Si leur amour est sans égal, il demeure pourtant impossible et Pernette sera contrainte d’épouser un Du Guillet dès 1538.

Leur amour, secret et presque chimérique, devient très vite la source d’inspiration de ses poèmes. Maurice Scève lui dédie sans la nommer son recueil intitulé Délie, obiect de plus haulte vertu publié en 1944.

En 1545, le poète Jean de Vauzelles compose deux épitaphes pour deux célèbres lyonnaises : « gente et vertueuse dame Pernette du Guillet et Dame Louise Labé ».

Ce sont ces épitaphes qui nous renseignent sur la date de la mort de Pernette Du Guillet le 7 juillet 1545, morte probablement de la peste, car c’est à la demande de son mari, après avoir trouvé des poèmes dans un tiroir, que l’imprimeur Du Moulin publie ces poésies. Ce recueil, composé de 70 poèmes, épigrammes et chansons, est intitulé Rymes de gentille et vertueuse dame D.Pernette Du Guillet lyonnoise et paraît à Lyon en 1545. S’il connaît tout de même trois éditions entre 1545 et 1552, il faudra attendre le XIXe siècle pour le voir de nouveau publié.

Ces écrits confirment l’idée que Pernette était une jeune femme cultivée et bercée par les lettres italiennes. Elle s’exprime d’ailleurs admirablement bien en italien, en toscan, et prends note de toutes les finesses des prosateurs et des poètes latins. Elle parle également le castillan et a quelques notions de grec. Elle joue aussi du luth.

Les recherches les plus récentes, menées par Élise Rajchenbach au début des années 2000 notamment, démontrent que l’œuvre de Pernette Du Guillet opère « une mise à distance malicieuse des codes poétiques et reprend, au féminin, un discours traditionnel fondé sur les stéréotypes masculins de la poésie précieuse et pétrarquiste ».

Seulement quatre de ses poèmes ont été publiés de son vivant. Il s’agit de pièces mises en musique en 1540 et 1541 intitulées « je n’oserois le penser veritable », « en lieu du bien, que deux souloient pretendre », « chansons nouvelles à quatre parties en ung volume » et « le corps ravy, l’ame s’en esmerveille ».

Pour le professeur et spécialiste du XVIe siècle et de la Renaissance, Albert-Marie Schmidt, il serait souhaitable que son œuvre « fasse à nouveau rêver les cervelles humaines, car elle compte parmi les réussites les plus rares de nos lettres féminines ».

Extrait

« Le grand desir du plaisir admirable
Se doit nourrir par un contentement
De souhaicter chose tant agreable,
Que tout esprit peult ravir doulcement.
O que le faict doit estre grandement
Remply de bien, quand pour la grande envie
On veult mourir, s’on ne l’à promptement :
Mais ce mourir engendre une autre vie. »

Rymes de gentile, et vertueuse dame D. Pernette Du Guillet Lyonnoise, Préface d’Antoine Du Moulin, épitaphes par Maurice Scève et Jean de Vauzelles, Éditions de Jean de Tournes Lyon, 1545.

Bibliographie

  • Les Rymes (1545), Édition de Élise Rajchenbach, Librairie Droz, 2006.
  • Rymes, Éditions de Christian Barataud et Danielle Trudeau, Honoré Champion Éditeur, 2006.
  • Œuvres poétiques, de Louise Labé, précédées de Rymes, de Pernette du Guillet, Éditions Gallimard, 1983.
  • Pernette du Guillet, Rymes, Librairie Droz, 1981.
  • Rymes de gentile, et vertueuse dame D. Pernette Du Guillet Lyonnoise, Préface d’Antoine Du Moulin, épitaphes par Maurice Scève et Jean de Vauzelles, Éditions de Jean de Tournes Lyon, 1545.