Personne seulement

Laure Morali

Personne seulement

la nuit des rivières

liquides seront les voix

qui ne touchent personne

il pleuvra

jusqu’à l’incendie

le feu n’aura pas de couleur

Sur un air de Leonard Cohen, la poète Laure Morali marche dans la ville de Montréal. Elle s’arrête, médite et écrit d’une rue à l’autre. D’un rêve à l’autre. Entre en résonance avec les mots et les lettres. Engage le dialogue avec l’ange. Les mots se détachent et dans leur miroir, tout s’éclaire ou s’efface. Personne seulement est une méditation sur l’ombre et la lumière, sur les paradoxes et les forces opposées qui nous fondent, ensemencent nos vies et nos actes. Née en Bretagne, Laure Morali vit à Montréal. Chez Mémoire d’encrier, elle a publié Orange sanguine (poésie, 2014), Traversée de l’Amérique dans les yeux d’un papillon (roman, 2010), La terre cet animal (poésie, 2021), Nin Auass - Moi l’enfant, anthologie bilingue dirigée par Joséphine Bacon et Laure Morali, et illustrée par Lydia Mestokosho-Paradis (2021). Le récit En suivant Shimun (Boréal, 2021) paraît en France en février 2023 chez Le mot et le reste.

Paru le 20 janvier 2023

Éditeur : Mémoire d’encrier

Poème
de l’instant

Cahier de création

Et s’il ne restait que la force du chant
la puissance impalpable d’un cœur de graminées
le bonheur insondable du chœur rythmé
la sobriété généreuse des souffles mêlés
et s’il ne restait que le giron de la transe
berceau de nos rêves en nos chevelures dénouées
claquement de mains et chairs libérées
bras serpentins et hanches agitées
et s’il ne restait que la solidité de nos rêves

Sabrina Sow, Cahier de création, Illustrations d’Alexis Christiaen, Éditions de l’espèce, 2020.