Petit Musée portatif

Auteur : Abdellatif Laâbi

<i>Petit Musée portatif</i>

avec les aquarelles d’Abdallah Sadouk.

Celui qui décidément ne prend pas racine, activant sans répit son don de passeur, passager lui-même d’une rive à l’autre, d’une langue à l’autre, d’une culture à l’autre, où habite-t-il ?
Où pose-t-il son sac et son âme le temps de reprendre souffle, d’affûter son oeuvre, de méditer, de s’enflammer à nouveau pour lutter contre l’obscur ?
Il se pourrait que cela soit dans un "paysage ", plutôt que dans une maison… Paysage intérieur donc, mais incarné. Recomposé, métissé, à l’image du brassage qu’affectionne son habitant…
Paysage aujourd’hui contenu, ramassé dans une constellation d’objets-compagnons sans lesquels l’exil serait plus cruel - car il y eut exil ; nudité forcée de qui jeté hors du natal sous la pression des forces hostiles à la liberté…

21,50 euros

Paru le 1er avril 2002

Éditeur : Al Manar

Genre de la parution : Livre d’artiste

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.