Poéclats (caprice avec des ruines) de Martine Morillon-Carreau

Poéclats (caprice avec des ruines) de Martine Morillon-Carreau

Transformer la contrainte en véritable moteur de l’inspiration, son apparent ennemi intime, tel est ici le défi. La contrainte d’écriture de Poéclats, le prélèvement (chaque mot de chaque poème – sauf dans les anagrammes liminaires – a été prélevé dans l’œuvre romanesque et théâtrale de Julien Gracq), joue d’emblée, par des indices suggestifs mais réticents, avec le secret d’abord préservé autour de cette contrainte et son dévoilement : les deux citations épigraphes de Gracq livrent les indices programmateurs, les anagrammes liminaires disent tout, quoique de manière cryptée – la dernière page révélant enfin au lecteur l’exacte matrice des anagrammes initiales.

M M.-C.

« ·Ce livre, entre palimpseste (le disparu sous ce qui reste) et rémanence (ce qui reste quand le tangible a disparu) se tient au bord du secret, avec vue sur lui et interdiction de le dévoiler·- le secret, si près du sacré (phonétiquement comme philosophiquement)· !· »

Jean-Louis Bernard

Paru le 1er mai 2015

Éditeur : Editinter

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.