Poèmes d’Henrick Ibsen

Poèmes d'Henrick Ibsen

Sur les hauteurs

Sac au dos jeté
et carabine chargée à la main,
poêle fermé et porte close
avec chevillette et clenche d’osier,
puis un tour chez ma vieille mère
dans la pièce tout à côté, –
une poignée de mains en guise d’adieu, – un mot, –
« Je reviendrai aussi gaillard que je m’en vais,
et jusque-là – paix de Dieu ! »

Remonter les courbes du sentier étroit,
il mène au petit bois ;
mais derrière moi, fjord et val
dans un clair de lune brumeux.
Je passe devant le mur de mon voisin,
tout est si tranquille à la ferme ;
mais au delà de la grille au pied d’un merisier
une sorte de bruissement de feuilles au passage d’un corsage
qui sonnait léger et doux.

Elle était là dans son chemisier blanc,
elle me souhaita le bonsoir.
Elle était si belle, elle était si délicate,
si fraîche, comme fleur de fjeld.
D’un œil elle riait et de l’autre
elle faisait un petit air fripon !
Je ris comme elle, et tout soudain,
je fus à la barrière, tout près,
seulement, alors, son œil se mouilla. […]

Paru le 1er octobre 2006

Éditeur : Les Belles Lettres

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Valère Novarina

Chronophobie

Ici-bas dans la tourmente, il danse
Écoutez mes aïeux :
Je danse à la gueule de dieu

Traçant une ligne invisible
Entre n’être et naître pas
Entre naître et n’être pas
J’ai vécu vaille que vaille
Tout au fond d’l’univers
Le réel m’a pris en tenaille
Je danse à cœur ouvert

Le jour venu, mon âme d’animal
Si vous la trouvez en moi
Portez-la dans le sein d’Abraham !

Mai 2019, Valère Novarina, extrait de Chronophobie, poème inédit confié au Printemps des Poètes pour la 11e édition du Prix Andrée Chedid du Poème Chanté.